Premières neiges/Snijed, Grand Prix amplement mérité à la Semaine de la Critique cannoise 2008, offre une histoire d’une ampleur universelle. Un conte contemporain qui se déroule en 1997 à Slavno, petit village situé sur colline boisée à l’est de la Bosnie. Un conte en sept chapitres selon les jours de la semaine. Un conte d’après-guerre. Un conte de dévastation, mais aussi de résistance où les femmes sont devenus des survivantes et les hommes des fantômes.Avec ce premier long-métrage, la réalisatrice Aida Bejic évite tous les écueils du film politique : la leçon d’Histoire, le parti pris simpliste, le message plombant ou encore le misérabilisme démagogique. Peut-être le temps passé depuis le conflit serbo-croate lui permet-t-il la juste distance pour concrétiser une telle proposition artistique…
Malgré la présence d’un vieil homme et d’un enfant, ce sont les figures féminines qui dominent sur la colline. Parmi elles :
– La belle-mère d’Alma, immobile, mais à l’influence tentaculaire comme une héroïne de Gabriel Garcia Marquez,
– Une vieille grand-mère, telle une Pénélope âgée, qui ne cesse de tisser un tapis avec des lambeaux de vêtements d’hommes,
– Une femme plus jeune – putain peut-être – qui rêve d’un soldat lointain en fumant des cigarettes…
Il faut attendre l’apparition de trois hommes – aspects de la virilité dans l’imagerie des contes – pour perturber la vie de ce microcosme et créer le suspense :
– Le bon : le prince charmant camionneur (Kim Rossi Stuart en slave) qui surgit par accident dans la vie et dans le cœur d’Alma,
– Les deux méchants : un homme d’affaires serbe un peu veule et un Anglo-saxon au physique de loup qui veulent s’emparer du village.
Les noyaux durs des fruits cèdent alors la place aux cœurs robustes des habitantes. Le village cèdera-t-il à l’offre financière des hommes d’affaires ? Va-t-il se diviser ou au contraire se fédérer ? Alma reverra-t-elle le camionneur ? Sera-t-il un homme attendu, jamais venu ?…
Les cheveux d’un petit garçon poussent et repoussent à une vitesse fulgurante. Un tapis se transforme en pont qui relie le monde des vivants et les charniers des morts. Enfin, la neige à la fois morbide et pure se met à tomber. Comme un présage de reconstruction, de renaissance ?…
En tout cas, comme une promesse de vrai et de beau cinéma.
www.ecrannoir. fr

















4 Ils ont dit
J’ai également parcouru ton blog : très intéressant – pointu, pour une néophyte comme moi – mais clair et passionnant ! Bravo !
J’espère que tu vas bien.
En attendant de te revoir prochainement, je t’embrasse,
Clémence
A mon meilleur ami,
Comment vas tu Benoit ?…
Rien ne me ferais plus plaisir de te revoir
Si tu as l’occasion de venir dans le sud et pas uniquemnt au festival de Cannes
Viens faire une petite sieste a la maison
Bruno
Pourrais-tu envoyer ton blog à un cinéphile à la retraite qui aura le temps de le lire complètement au contraire de moi même !!!!!
Merci d’avance
Isabelle Gouzou
Benoît,
merci pour cette très belle critique. J’espère que ne serai pas déçue…!!!
A la semaine prochaine
Edith