Joachim Lafosse, cinéaste belge, aime disséquer l’univers familial pour l’entraîner vers des zones mouvantes où la brutalité règne au physique comme au psychologique.Dans Nue propriété, deux fils en mal d’autorité paternelle prenaient le pouvoir du domicile familial et assujettissaient leur mère.
Avec Elève libre, les parents ont déserté le terrain en laissant deux frères livrés à eux-mêmes. Si l’aîné est accessoire à l’histoire, Jonas le cadet recherche inconsciemment un substitut d’autorité. En vain. Il excelle au tennis sans pour autant avoir l’étoffe d’un champion. Son entraîneur, lointaine figure fondatrice qui ne fait que passer dans le film, le renvoie aux études. Impasse fatale pour Jonas le cancre qui collectionne les redoublements.
La belle surprise du quatrième long métrage de Joachim Lafosse réside dans le choix et la direction d’acteurs des deux personnages principaux :
– Jonas alias Jonas Bloquet : à l’orée de l’adolescence, il possède un regard d’une telle limpidité qu’il est possible d’y lire le moindre frémissement. Ses passages de l’étonnement à l’amusement, puis à l’angoisse offre au film des pépites d’émotions.
Joachim Lafosse a choisi le format Scope pour illustrer son récit. Il a raison. Ce format prend ici toute sa valeur car il permet de regrouper plusieurs personnages dans un seul plan. Pendant les séquences de repas, scènes d’où se dégage un parfum très sexuel, une lente chorégraphie de la caméra entoure les convives. Elle symbolise l’emprise de Pierre.
Ce mouvement de l’image à la fois lourd et circulaire évolue tels les anneaux d’un reptile. Favorisé par la lumière froide et sophistiquée d’Hichame Alaouié, l’étau de Pierre se resserre sur Jonas comme le serpent Kaa autour de Mowgli dans le Livre de la jungle (pas le Walt Disney, mais l’original plus sombre et plus violent de Rudyard Kipling).
Qui trop dérange mal oppresse
Elève libre traite plus de l’anthropophagie mentale que de la pédophilie. Ce cannibalisme psychologique n’est pas sans rappeler les spirales infernales de The servant et de Gruppo di Famiglia in un Interno/Violence et passion. Mais Lafosse n’est pas Losey, ni Visconti. À force de ne jamais vouloir montrer l’ingérence corporelle dont Jonas est la victime, le film se tient à la périphérie de l’effroi de son propos. Là où le spectateur devrait être oppressé jusqu’à l’insoutenable, il n’est que dérangé – ce qui n’est pas peu – à cause du parti pris de la mise en scène.
Les gros plans, procédés abusifs qui soulignent la pénétration mentale, finissent par diluer la tension dramatique. Joachim Lafosse possède-t-il la carrure cinématographique nécessaire pour assumer de plein front un sujet aussi escarpé sexuellement, aussi complexe psychologiquement ?…
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4 Ils ont dit
NON ADJANI MEME PAS TRENDY.. JUSTE QUE POUR L’EFFET D’OPTIQUE ,PLUS TU NOIRCIS LES CONTOURS PLUS TU »AMINCIES »..
MAIS LA C’EST VRAIMENT TROP TARD,LA DENTELLE COLLÉE N’Y FERA RIEN !…
XXX
E
tu as vu la tronche d’Adjani hier????
Elle a vraiment pété un câble cette fois….
En plus elle est énorme.
Une icône à la poubelle…
Fred
Bonjour,
je reçois depuis quelque temps votre blog, que j’apprécie beaucoup.
Pour bien commencer l’année à mon tour de vous envoyer des infos….
J’ai le plaisir de vous inviter à la projection d’ « Everybody needs somebody », film de Christophe Averlan tourné lors du stage « l’intimité filmée du personnage ». Voici une occasion de me voir « à l’image ».
Elle aura lieu :
Jeudi 5 février à 19h
au Studio des Ursulines
10 rue des Ursulines – 75005 Paris.
et sera suivie d’un cocktail à 20h30 au Café des Ursulines.
J’espère avoir le plaisir de vous y rencontrer.
Amicalement.
Cybèle Calvat
Bonjour Benoît,
Un petit mot, juste pour te dire combien j’apprécie de lire tes articles.
Tes analyses sont fines, passionnantes, personnelles.
C’est un petit bonheur, chaque semaine.
ça donne envie de tout voir ou revoir.
Encore bravo !
Je t’embrasse fort.
Ce serait bien de se voir pour un café, un thé, un moment 😉
J’espère à bientôt.
Anne Flandrin