Le spectateur qui verra La journée de la jupe de Jean-Paul Lilenfield recevra ce film comme une claque. À côté, Entre les murs de Laurent Cantet montre un monde idyllique digne de La petite maison dans la prairie.Si la partie policière relève involontairement de la mauvaise comédie, il faut saluer bien bas le vertige de la réalisation qui s’empare du huis clos entre Sonia Bergerac et ses élèves. Violence suffocante rappelant le basculement et la tension d’un Après-midi de chien de Sydney Lumet (1975) et desChiens de paille de Sam Peckinpah (1971).
Par leur attitude et leur langage, les adolescents retenus prisonniers font et se font la guerre sans même s’en rendre compte (« Sale race de feuje ! » est sincèrement pour l’un d’eux une opinion et non une insulte…). Face à cette meute enragée, une enseignante vidée, épuisée, vaincue d’avance, déclare la guerre et menace sa classe avec un revolver tombé du sac d’un élève.
Sonia Bergerac découvrant qu’une de ses étudiantes a été victime d’une tournante, négocie la libération des jeunes. Elle exige que le gouvernement institue « la journée de la jupe ». Une trêve pendant laquelle une femme pourra porter ce vêtement sans être traitée de « pute », de « salope » ou encore de « consentante » pendant un viol.
Etonnez-moi Benoît
C’est le dernier épisode de la série papale 2009 qui a démarré très fort dès janvier avec la levée d’excommunication de quatre évêques intégristes. Parmi eux, Richard Williamson, négationniste et manifestement très fier de l’être.
Le climax dépasse toute espérance quand Rome justifie l’excommunication de la mère brésilienne d’une enfant de neuf ans violée par son beau-père. Petite fille porteuse de jumeaux et enceinte de quinze semaines. Un beau scénario de « Télé-Vaticanovela », n’est-ce pas Benoît ?…
« Aimez-vous les uns dans les autres avec vos sentiments chrétiens comme seule protection ou alors soyez abstinents ou… bannis ! ».
Décidément, les voies du Seigneur déjà impénétrables face à la sexualité revendiquent le crime contre l’humanité en ces temps troublés…
Pourtant, tout n’est pas si tragique. Diffusé sur Arte le vendredi avant sa sortie dans les salles, La journée de la jupe a été regardé par plus de deux millions de téléspectateurs, le meilleur audimat de la chaîne depuis sa création.
Ce film nécessaire est magistralement interprété par une troupe de jeunes acteurs inspirés. Il marque aussi le come-back d’une reine sans couronne de cinéma : la plus belle des Isabelle de toutes les Adjani !
Isabelle Adjani par Jean Daniel Lorieuxexposition photos autour de
Le maitre et Margueritede Mikhaïl Afanassievitch Boulgako
L’éternel retour
Au bout d’un second silence, vous avez incarné avec la grâce opaline d’une estampe japonaise La reine Margot de Patrice Chéreau.
Moitié Viviane Romance, moitié Mireille Balin, vous excellez dans le sous-estimé Bon voyage de notre Ernst Lubitsch national : Jean-Paul Rappeneau. Hélas, le public boude cette épopée comme il ne s’en tournera probablement plus.
Je glisse sur la poésie (très) approximative de La repentie de Laetitia Masson où, longue dame brune au visage de bébé phoque, vous finissez dans un désert en fourreau de dentelle traînant derrière vous comme un petit chien, un bagage à roulettes Vuitton. De Vuitton à Lancel, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas car seule votre carrière cinématographique intéresse mon propos.
Fée ou sorcière jamais apprivoisée, vous êtes la fille spirituelle d’Elizabeth Taylor – mais vous, vous avez dit non à la Cléopâtre de Alain Chabat. Pourquoi ?… Vous êtes sensationnelle dans les comédies ! Votre talent libre et survolté s’y entend pour chambouler la cour de France pendant les guerres de religion, bouleverser un collège de zep en crise ou encore faire bander un village du sud de la France lors d’un été torride et meurtrier.
Dans le désordre, vous êtes la plus démente avec Andrej Zulawski (Possession), la plus métaphysique avec Claude Miller (Mortelle randonnée), la plus désincarnée avec Roman Polanski (Le locataire), la plus fantomatique avec André Téchiné (Barroco), la plus exsangue avec Werner Herzog (Nosferatu) et surtout la plus intensément désespérée dans Adèle H, votre rôle somme offert par François Truffaut alors que vous n’aviez pas vingt ans !
Pour toutes ces raisons, je vous en prie, non je vous en conjure, revenez vite et régulièrement sur les écrans des salles obscures !
Isabelle Adjani par Jean Daniel Lorieuxexposition photos autour de
Le maitre et Margueritede Mikhaïl Afanassievitch Boulgako
« Je dis parfois à Isabelle Adjani : « Notre vie est un mur, chaque film est une pierre. ». Elle me fait toujours la même réponse : « Ce n’est pas vrai, chaque film est un mur. ».
www.ecrannoir.fr



























10 Ils ont dit
Moi je vote Isabelle A., inconditionnellement.
Bizz. Cojean comme Kojak
Bonjour Cher Benoit
Merci de m’envoyer l’info sur ma princesse Isabelle Adjani.
Pour notre smocking j’ai beaucoup avancé.
J’ai trouvé le tissu absolument magnifique. Une belle gabardine fluide écrue et satin assorti.
Comme vous le savez déjà, j’ai fait un premier essayage avec notre belle Micky pour la mise au point .
Je prépare donc le deuxième essayage. Dès qu’il est prêt, je vous en informerai et nous trouvons une date qui vous convienne ainsi qu’à Sylvain Savard s’il le désire, autour d’un thé-gâteaux.
Jacqueline
Excellent ce papier sur la Jupe, et cette disgression papale aussi ;-))
fred maker
Un des meilleurs billets du blog, assurément. C’est vif, léger, d’un style admirable.
Pensant le meilleur de vos revues,
A la prochaine,
Arthur Flam
Benoit,
Tu écris comme un dieu, ton blog est sensationnel: une référence!
Merci merci: i am proud of you my sweety daddy!
Tomorrow is a great day….
Bacione!
Jovette
Merci pour vos informations.
Hervé Herzog
Bonjour Benoit,
Une de tes plus belles revues cinématographiques !
A bientôt en Gironde
Céline
Bonjour Benoît. J’aime bien Adjani, oui. Je fais parti de ceux qui ne se sont pas remis de la belle à Pimpon cet été meurtrier là. Et aussi Subway et une Mortelle Randonnée, je crois, avec un Serrault inquiétant. Bref. Bravo pour ces lignes.
Je voulais te dire que j’ai vu 24 city et au diable Staline.. Le premier est superbe, j’ai trouvé. M’a touché, moi le fils d’ouvrier. Le second lorgne vers Fellini voire Kustzurica, mais le point de départ m’a paru alambiqué. Mais certaines scènes m’ont plu.
Je serai parmi ceux qui feront une grimace à l’évocation de Tokyo Sonata. Tout y est un peu gros à mon goût, et le récital final devant les parents émus aux larmes et la prof, émue itou, fait un peu déborder la coupe.
Vais peut-être aller voir Une famille Brésillienne ou le déjeûner du 15 Août. T’en dis quoi?
Des bises, avec le sourire.
jp
Ah, Benoît, merci de célébrer celle qui est vraiment à la source de mon désir d’être acteur.
Bais nom de dieu !
Écoute, quel texte, j’adore ( J’ADORE !!! ) c’est intelligent, drole et en m^me temps sérieux et solide, bravo la gars, si j’étais Isabelle je serais très contente !
Chija Jeunotte