Depuis l’Antiquité, le mariage fait rage et attire dans ses filets un bon nombre d’amants. Pourquoi les hétéros et aujourd’hui les homos sont-ils si prompts à convoler ? Pour acter leurs sentiments à la face du monde ? Consolider le lien ténu du désir ? Brandir un statut plus glorieux que le célibat ?…Très benoîtement, je me suis longtemps représenté le mariage comme le sacre suprême de deux êtres attirés corps et âmes, enlacés par un flux brûlant. Collage torride qui finit le plus souvent par consumer les sentiments. D’où l’invention du divorce. Échappatoire salutaire à cette institution qui rogne l’attraction humaine par la légitimation de la sexualité.
Sous couvert de sceller des alliances, accroître le pouvoir et les capitaux, soulager des impôts, la corde du mariage n’étrangle pas le cou, mais ligature là où ça pèche : au niveau de la ceinture. Région où le mélange des fluides devrait toujours prendre son pied au-delà des périmètres dictés par tous les au(hô)tels. De ville ou religieux.
Énièmes descendants d’Adam et Eve, le premier duo love épinglé par Dieu, Benjamin Biolay et Valérie Donzelli se croisent pour la première fois en 2008 devant la caméra de Katia Lewkowicz. Le temps d’un court-métrage, au milieu du brouhaha d’un goûter d’enfants, les jeunes gens se désirent du regard, imaginent leur lendemain avec marmaille, préfèrent ne pas céder aux battements de leur coeur. Cette histoire, promesse de cinéma grave et légère, s’intitule : C’est pour quand ?.
Quatre ans plus tard, Katia Lewkowicz pose une nouvelle question à Benjamin Biolay : Pourquoi tu pleures ?. Dans ce premier long-métrage, Arnaud, trentenaire aux tendances lacrymales, s’apprête à épouser Anna alias Valérie Donzelli. Mais sa promise prend un malin plaisir à jouer les Arlésiennes. Le jeune homme esseulé rencontre Léa incarnée par Sarah Adler, la révélation du film. Craquera, craquera pas ? Se mariera, se mariera pas ?…
Pour répondre à cette incertitude existentielle, la réalisatrice sacrifie à la mode de la comédie. Genre des plus ardus qui fleurit chaque semaine dans les salles. Souvent pour le pire, rarement pour le meilleur.
Larmes de crocodile
Un trop plein de folie, de frénésie tue la fantaisie ! Pendant 1 heure 40, exposé au rythme effréné d’une caméra à l’épaule, Arnaud a le tournis. Sans malheureusement perdre l’équilibre tant le scénario et la réalisation souffrent du ressort vital à l’élaboration d’une comédie : la précision.
Comment craquer pour une fiancée qui s’escamote et s’éclate dans les jardins publics avec des minots de son âge mental ? Comment ne pas prendre les jambes à son cou devant une belle-famille étrangère à l’étrangeté si caricaturale, si artificielle ? Comment partager son désarroi avec une telle bande de potes ? Galerie de nantis qui se biturent entre le XIe arrondissement de Paris et la mairie de Montreuil. Brochette de bobos qui portent pauvres avec leurs cheveux en pétard, leur barbe hirsute, leurs guenilles délavées à 1000 euros. Par pitié ; Zadig, Voltaire et compagnie, cessez de polluer le cinéma français !
Heureusement, deux figures féminines essuient les pleurs d’Arnaud avec plus de subtilité. Nicole Garcia campe sa mère. Une Séfarade qui repousse de toutes ses forces ses origines. La comédienne trop éclipsée par la cinéaste, apporte une bourgeoise fébrilité très VIIe arrondissement à son personnage. Pour pousser son fiston à dire non, elle le papouille, le houspille, le gifle. Pour un peu, elle dénuderait son petit d’homme pour montrer comme il a bien poussé de partout !
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7 Ils ont dit
Bonjour Benoît,
Me revoici après une absence de chez moi plus longue que prévue, et bientôt les vacances…
J’ai ajouté le lien sur la page d’Emmanuelle Devos.
A bientôt
J’aime beaucoup votre blog Cinégotier dont je reçois régulièrement les articles dans ma boite mail ! Bien à vous.
Bonjour Benoit,
et merci pour cet article caustique et plein d’esprit !
Bonne lecture, si vous attaquez « Sang damné » aux eds.du Seuil.
Amicalement.
Venez nombreux découvrir EXPIRATION, le nouveau court-métrage de Cheng-Chui KUO.
Après SEANCE FAMILIALE, nommé aux César du meilleur court-métrage en 2009, par ailleurs maintes fois primé, le jeune cinéaste continue de prendre de la hauteur.
Rendez-vous au Max Linder Panorama, samedi 18 juin à 10h45. A ne pas manquer.
Juste un mot : Merci.
D’être venu. D’avoir vu. D’avoir vaincu. Ca m’a plu.
Et d’être dans notre paysage.
A bientôt.
super merci
amitiés
Ah ah… Dépenaillé vinasse… Je te reconnais bien là
Benoîtement vôtre