Eh bien non, je m’amuse. La vie m’a donné cette chance de toujours m’amuser en travaillant. Comme les sept nains de Disney. Sauf quand j’étais apprenti fourreur. Mais là, j’en profitais pour rêver. Mes doigts couraient sur les queues de visons, ma tête était ailleurs. Je me voyais en grand sur la façade du Rex.
Je suis mon biographe, mon analyste. Il ne faut pas que j’emmerde. Pourquoi ce livre ? Je vais mourir un jour. Dépêchons-nous. Je dois aller jusqu’au bout de Claude Berri. Ne plus lui laisser une page de sec. Le traquer, réveiller en lui tout ce qui dort depuis soixante ans. Tout n’est pas rose. Je ne suis pas un minitel. Il y a aussi des ombres. Il faut les mettre en lumière. Il n’y a pas de mystère ; un secret, il faut le découvrir. Les plaies. Même si ça ne me plaît pas. L’anecdote doit être en prime. Je sais, il en faut, l’anecdote c’est une certitude. Le secret n’est pas là. Il est plus enfoui, plus intéressant.
Pourquoi donner les cartes ? Pourquoi ce petit juif du Faubourg Poissonnière s’est-il tellement battu pour les donner ?
J’ai décidé de me mettre à écrire, de ne rien cacher, ce sera j’espère une thérapie. Je vois un psychiatre. Lundi, j’ai rendez-vous avec un psychothérapeute. Le matin, je souffre, ainsi qu’en début d’après-midi. Je ne retrouve la paix que vers dix-sept heures, quand la nuit tombe. À part écrire ce livre, je n’ai pas d’autre motivation que l’amour. J’aime une femme. L’amour, c’est bien, mais ce n’est pas un reflet objectif. Mon mal est plus profond.
À l’occasion de l’intégrale de ses films au quatorzième Festival d’Angers, Maurice Pialat donne un grand entretien à Libération le 16 janvier 2002. Le parallèle entre lui et Céline ne fait plus aucun doute.
Un passage m’a intéressé particulièrement. À la question :
« Je rêve souvent d’un film : un type meurt, c’est la fin, sans pathos, puis un noir total, qui dure. Salut. 95 % des gens imprimés sur pellicule depuis le début du cinéma sont morts, mais ils sont toujours là si vous les regardez sur l’écran. ».
Je voudrais de la même façon tourner après ma mort. Finir d’écrire mes mémoires après ma mort. « C’est une illusion, bien sûr », dit-il. Sur ce point, nous sommes d’accord.

















5 Ils ont dit
Wahou ! je pense qu’il va me falloir quelques temps de lecture pour reconstituer
l’intégralité du puzzle.
Je suis heureuse d’avoir de tes nouvelles et serais enchantée de te voir en vrai, dans un passage parisien pourquoi pas, et sans timidité aucune.
Au fait, c’était il y a longtemps ?
Avais je tellement changée ?
Delphine Perl
Votre blog est très bien.
Cordialement
Rodolphe rouxel
Je suis actuellement en tournage sur le film TRESOR commencé par Claude Berri et F. Dupeyron.
Moments très difficiles à vivre.Merci pour le bel hommage que tu lui a rendu.Le film continue sans lui.
Amitiés.
Pierre Lenoir
Bel hommage.Je suis technicien sur son dernier film TRESOR
bel hommage
j’aimerai bien que tu me prêtes ce livre
serais-tu d’accord ?
promis je le lirai très vite
bizz
karine