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Il était une fois Nina, la danseuse la plus sérieuse de l’opéra de New York. Une bonne élève pure comme neige dans un manteau sage à double boutonnage, dans une chambre rose avec peluches imprégnées du Lac des cygnes. Thème insidieux quisurgit d’une boîte à musique comme de la sonnerie d’un mobile.
Un beau jour, un sort heureux est jeté à Nina. Le chorégraphe Thomas Leroy la choisit pour danser le rôle principal du ballet mythique de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Une version trash où la princesse alias le cygne blanc devra combattre jusqu’à la mort son alter ego, la sorcière alias le cygne noir.
Nina et le monde de la danse
Natalie Portman
Si Nina respire la pureté d’un ange, elle semble à mille lieues de la malice démoniaque. Pour parvenir à extirper l’animalité des tripes de son héroïne, à transformer une jeune fille vierge en artiste assouvie, Darren Aronofsky réunit le meilleur de ses quatre films précédents : le thriller psychologique de Pi, la dérive de la perception de Requiem for a dream, le combat intérieur pour atteindre la grâce de The fountain et la peau cabossée par l’art de la représentation de The Westler.
Peaux amochées
Ellen Burstyn dans Requiem for a dream (2000)
Mickey Rourke dans The Westler (2008)
Depuis ses débuts, le cinéaste n’a jamais tourné avec le dos de sa caméra. C’est là son moindre défaut… Son cinquième film aurait pu frôler le Grand Guignol si Aronofsky le réalisateur s’était contenté de filmer une histoire de louve-garou en tutu à faire frémir. Par bonheur, Darren le cinéphile s’est emparé d’un bouquet de miroirs brisés, tranchants et sanglants qui hisse Black Swan au panthéon des oeuvres les plus folles, les plus touffues jamais tournées sur la danse : The red shoes de Michael Powel et Emeric Pressburger et All that jazz de Bob Foss.
Moira Shearer The red shoes (1948)
Rod Steiger All that jazz (1979)
Entre la peau diaphane de Natalie Portman et le fard nécessaire à l’artifice de l’univers du spectacle, se lit l’éphémère de la carrière d’une danseuse étoile et d’une actrice de cinéma. Cette lutte contre le temps intensifiée par la soif d’ambition emballe Black Swan, chamboule son espace-temps dans une surenchère de faux raccords jusqu’à l’incandescence de son climax.
De nombreux miroirs ponctuent la frénésie du film. Symboles du narcissisme et de la quête de soi, ils réfléchissent la belle image de Nina, mais quand les glaces se déforment, se morcellent, se désaccordent des mouvements de la danseuse, elles trahissent le démantèlement de son esprit.
Un miroir est suspendu sur le mur opposé
Elle n’y pense pas mais le miroir y pense
Søren Aabye Kierkegaard
Dans ce jeu/je labyrinthique des apparences, se glissent les reflets de quelques grandes grimées du septième art. Créatures inaltérables sur scène, vulnérables en coulisses : Bette Davis dans Eve de Joseph L. Mankiewicz, Judy Garland dans A star is born de George Cukor, Gena Rowlands dans Opening Night de John Cassavetes, Romy Schneider dans L’important c’est d’aimer de Andrzej Zuławski et, d’une façon plus largement sociale, Glenn Close dans Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears.
« Miroir, dis-moi si je suis encore…«
Bette Davis, Judy Garland
Natalie Portman
Gena Rowlands, Romy Schneider
Pour engloutir Nina dans ce gouffre de névroses où l’émergence du désir révèle les traumatismes, Danarofsky s’inspire des héroïnes de son cinéaste favori : Roman Polanski.
Si la maigreur de Nina renvoie à la pâleur exsangue de Mia Farrow dans Rosemary’s baby, la jeune étoile est avant tout la jumelle de Carol, la manucure meurtrière interprétée par Catherine Deneuve dans Répulsion. Lisse et douce en apparence. Au plus profond, frigide et paranoïaque.
Dans Black swan, l’épiderme de la danseuse est si tendu, si meurtri par la quête de perfection qu’il est condamné à se déchirer pour laisser s’écouler la monstruosité égotique de l’étoile.
Iris polanskiens
Catherine Deneuve dans Répulsion (1965)
Mia Farrow dans Rosemary’s baby (1968)
Une affaire de femmes
Le personnage principal de Black Swan n’est pas Nina, mais l’art. Tel un insecte vampire, c’est lui qui englue tous les personnages du film dans une même toile hystérique où les femmes considèrent les hommes comme des porcs. Chacune pénètre le mental argileux de la jeune fille avec des substituts de phallus. À l’image de la masseuse qui enfonce si profond ses phalanges dans le plexus solaire de la danseuse.
Pour adapter le roman d’Andrès Heinz, les scénaristes Mark Heyman et John McLaughlin ont trempé les figures de ce drame dans la mythologie des contes de fées. Espace de narration atemporel où les héros se transforment en archétypes.
Le choix subtil du casting pour incarner la mère, le modèle, le double et la sage-femme du cygne malade, intensifie les interprétations de cette toile d’araignée :
Barbara Hershey dans L’emprise (1982)
Barbara Hershey, actrice en lumière dans les années 1980, connaît l’horreur dans Emprise de Sidney J. Furie où une énergie surnaturelle s’empare d’abord de son domicile, puis de son corps.
Comme si Aronofsky se souvenait de cette succession de viols exercés par une force invisible, il montre Erica dégoûtée des hommes, endeuillée des pieds à la tête avec de longs cheveux de jais qui assèchent son visage.
La mère de Carrie au bal du diable de Brian de Palma, la méchante reine et la sorcière de Blanche-Neige croquées par Walt Disney semblent l’entourer avec leur cortège de jalousie et de frustrations.
Attouchements maternels
Barbara Hershey & Natalie Portman
Piper Laurie & Sissy Spacek dans Carrie (1976)
Ex-danseuse jamais sortie du rang, Erica est une mère « incestuelle ». Elle pousse sa fille à s’accrocher des ailes pour décrocher le rôle du cygne, mais n’hésite pas à les rogner en coupant avec hargne les ongles de Nina jusqu’au sang.
L’ingérence de cette génitrice devient terrifiante dans la scène du gâteau. Nina le vilain petit canard est choisie pour incarner l’oiseau majestueux. Erica exulte, achète une « kitcherie » sucrée avec des roses pastelles qui s’ouvrent sur une ballerine. Une pâtisserie énorme dans laquelle Nina ne voit qu’une montagne de calories. La fille refuse d’y goûter. La mère, vexée, la culpabilise avec de fausses larmes. Nina capitule. L’euphorie d’Erica revient illico. Dans un sourire avide, la mère tend à sa fille un doigt maculé de crème blanche. L’enfant finit par le sucer. Quelque peu déboussolée par ce semblant de fellation.
Winona, le grand amour de Dracula
Winona Ryder, pendant les nineties, présente une beauté romantique à la libido des plus troubles. Elle se laisse caresser par les lames de couteau d’Edward aux mains d’argent de Tim Burton, offre son cou de cygne aux crocs du Dracula de Francis Ford Coppola. Puis, la vie délinquante et les choix chaotiques de l’actrice ternissent peu à peu son prestige.
Avec un brin de perversité, Aronofsky la convie à jouer le presque caméo de Beth Macintyre. Une étoile déchue, colérique, alcoolique et suicidaire.À l’instar de Frédéric Andrei dans Diva de Jean-Jacques Beineix, Nina ne peut s’empêcher de pénétrer dans la loge de la diva. De prendre place dans l’antre de la consécration où le visage de Beth, sur l’affiche de son ultime spectacle, semble regarder sa remplaçante avec dédain.
Natalie Portman & Winona Ryder
Nina, les mains tremblantes, vole quelques objets intimes de son modèle. Parmi eux, un tube de rouge à lèvres. La jeune fille le teste aussitôt dans l’excitation de l’interdit. Quelques séquences plus tard, Nina brandit le stick en arme de conquête pour obtenir le rôle du cygne. Maquillée outrageusement, elle mord au sang les lèvres de son chorégraphe pour parvenir à ses fins/faims artistiques. C’est grâce à l’impulsivité de cet élan que Thomas Leroy perçoit l’ambition féroce de la bête tapie au fond de la belle. Nina possède bien l’étoffe d’une danseuse étoile.
Mila Kunis & Natalie Portman
Mila Kunis d’origine ukrainienne incarne Lilly, le double sombre de Nina. Aronofsky n’oppose pas le cygne blanc au cygne noir, il préfère en faire son éclipse. Nina est une lunaire qui capte la lumière à l’ombre d’autrui. Lilly la solaire allume chaque instant de la vie avec une voix sexy où crissent des grains de sable. Si Lilly danse moins bien que Nina, elle bouge plus vrai. Ses rires résonnent plus fort. Ses mains se plaquent sur les pénis et les couilles des danseurs moulés dans leur collant. Sa culotte glisse sous sa robe du soir quand elle veut pisser. Avec ses deux grandes ailes gothiques tatouées sur le dos, Lilly envahit tout l’espace. Jusqu’au mental de Nina.
Des Fées de Charles Perrault à Faux semblants de David Cronenberg, le thème du double, gémellité réelle ou fantasmée, trouve son propos romanesque à travers l’adversité de sa combinaison.
L’amour à trois avec jumeaux
Jeremy Irons & Geneviève Bujold
Faux semblants (1988)
Nina adore et déteste avoir Lilly dans la peau. Le cunnilingus entre les deux jeunes femmes déclenche chez la protagoniste une réaction épidermique. Expression fantastique de son refoulement. Une chair de poule mouvante parcourt tout son corps. Les cheveux de Lilly recouvrent son sexe. Au-dessus de cette forêt pubienne qui la cannibalise, Nina voit les plumes tatouées s’animer. Leur mouvement hypnotise son narcissisme, l’enveloppe, l’enivre, le domine, le terrifie avant de l’étouffer.
Avec sa métaphore ailée, cette séquence saphique, proche de celle de The Hunger de Tony Scott où Catherine Deneuve vampirise Susan Sarandon, rend accessible le voeux pieux d’Alfred de Musset : Deux êtres qui s’aiment sur terre font un ange dans le ciel. Le poète ne précise pas si ce mélange des fluides est appolinien ou dyonisien !
L’animal : cet obscur objet du désir
Natalie Portman & Vincent Cassel
Josette Day & Jean Marais dans La belle et la bête (1946)
« Est-ce que tu la trouves bandante ? Est-ce que tu coucherais avec cette fille ? » lance Thomas Leroy au partenaire de Nina lors d’une répétition. La jeune fille est mortifiée. Le danseur étoile relégué à la figuration dans le film, disparaît bien vite de la scène. Le chorégraphe et Nina reprennent les figures. Leroy plaque une main sur la cuisse blanche de Nina. Ses doigts se referment comme des serres. Son autre main agrippe le sexe de son interprète. Thomas presse fort l’entrejambe pour faire réagir le cygne noir qui peine à apparaître.
Cet homme réputé « à femmes » ne les aime pas vraiment. Il a autrefois brisé le cœur de Beth Macintyre, mais n’a aucune attirance sexuelle pour Nina. Son seul objectif : arracher la part d’ombre des entrailles de cette oie blanche. Pour y parvenir, il actionne avec sadisme le chaud et le froid. Laisse entrevoir à la jeune fille des instincts priapiques aussitôt refroidis par l’inflexibilité d’un cœur de glace.
Seule figure masculine du film, Thomas Leroy est cependant périphérique à la défloraison psychique de l’héroïne. En dépit de son charisme viril à la Barbe bleue, Leroy n’est qu’une sage-femme dans Black swan. Lorsque Thomas se penche sur le corps de Nina étendue à la fin de la représentation, il ne l’embrasse pas pour la sauver comme un prince charmant. Cet accoucheur de génie ne fait que constater la sueur et le sang qui coulent du bas-ventre de l’étoile libérée de son cygne noir.
Vincent Cassel entre prince et cannibale
Jean Marais dans La belle et la bête (1946)
Burt Lancaster dans L’île du Docteur Moreau (1977)
Le choix de Vincent Cassel est une évidence. L’acteur impérial a hérité physiquement de Jean Marais et de Burt Lancaster. Deux modèles ambigus qui assumèrent leur homosexualité à la ville et leur bestialité à l’écran. Le premier dans La belle et la bête de Jean Cocteau, le second dans L’île du Docteur Moreau de Don Taylor. Avec une tête d’aigle posée sur un corps de lion, Thomas Leroy ne respire pas. Il renifle tel un prédateur l’animalité refoulée de Nina, mais sans jamais éprouver un soupçon de sentiment.
Le miroir se brisa
Au rayon des ressemblances, Natalie Portman pourrait tout à fait être la fille israëlo-américaine de Carole Bouquet. Même statut de vedette reconnue en quête du rôle qui la hissera au rang des stars.Même beau physique classique un brin fatal, mais sans ce soupçon mystérieux d’énergie qui décuple l’éclat de la lumière.
Depuis Léon de Luc Besson en 1994, Portman a fait ses gammes avec Georges Lucas (Star wars) et Tim Burton (Mars Attacks !), s’est échauffée avec Mike Nichols (Closer, entre adultes consentants) et Wong Kar-wai (My Blueberry nights). Elle a accédé à l’excellence avec la première séquence de Free zone d’Amos Gitaï et dans le court-métrage Hôtel particulier, magnifique prologue de À bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson.
Mère et fille de cinéma
Carole Bouquet par Douglas Kirkland
Natalie Portman
AvecBlack Swan, la comédienne rencontre un rôle psychiatrique en or qui conjugue le « dérangé » du personnage d’Erika dans La pianiste de Mickael Haneke à « l’enragé » d’Irena, la protagoniste de La Féline de Jacques Tourneur. Nina s’inscrit avec ce mariage dans la lignée des héroïnes sacrifiées sur l’autel d’Eros et Thanatos. Victimes en lambeaux. Femmes mutilées. Créatures mutantes.
Du dérangé à l’enragé
Isabelle Huppert dans La pianiste (2000)
Natalie Portman
Simone Simon dans La féline (1942)
À partir de la séquence où les premières plumes en forme d’échardes transpercent la peau de Nina, Natalie se métamorphose en cygne noir, et devient La Portman.
Telle l’Alice de Lewis Carroll, elle saute en chaussons de satin dans un grand trou, tombe, se relève, explose les miroirs pour les franchir, mais se retrouve toujours au pied du mur. Alors Nina s’élance, court, se perd dans des couloirs sans fin. Labyrinthe maculé de graffitis où se caressent des vieillards obscènes, ricanent des croûtes peintes par sa mère, forniquent des hommes oiseaux avec des ballerines aux tutus offerts. Nina s’affole, virevolte, tourbillonne, est aspirée par des faux raccords qui la disloquent, la brisent au pays des hallucinations photographié dans une presque pénombre au grain grossier par Matthew Libatique.
« Le rouge et le noir ne s’épousent-il pas… »
Jacques Brel
Mais l’heure de l’entrée en scène a sonné. L’antre des métamorphoses aspire Nina. Le feu des lumières artificielles la crame. Et la folle étoile entre en danse. Transe en danse. Et la chair du cygne noir la déchire. Transcendance. Et deux ailes gigantesques dévorent ses bras. Climax paroxystique, orgasmique. Vous savez, quand la brebis et le loup hurlent dans le bas du ventre pour nous propulser tout entier vers les cieux avant la fulgurance de l’écrasement.
La partition du Lac des cygnes révèle les tourments de Piotr Ilitch Tchaïkovski, honteux de son homosexualité. Comme le prince Siegfried dans le ballet, les amours féminines lui sont interdites. Le héros ne peut faire l’amour avec le cygne blanc, symbole de pureté. Cet acte serait contraire aux lois humaines.
Lors de sa création en 1877 à Moscou, le Lac des cygnes essuie un échec cuisant. Le compositeur l’interprète comme une malédiction divine.
Le dernier regard à la glace
Rudolf Noureev par John Bryson
En 1984, Rudolf Noureev signe pour l’Opéra de Paris une version freudienne du Lac des cygnes. Il déclare alors :
« Ce ballet signifie pour moi la longue rêverie du prince Siegfried nourri de lectures romantiques qui ont exalté son désir d’infini. Il refuse la réalité du pouvoir et du mariage que lui imposent son précepteur et sa mère. Pour échapper au destin qu’on lui prépare, il fait entrer dans sa vie la vision du lac, cet « ailleurs » auquel il aspire. Un amour idéalisé naît dans sa tête avec l’interdit qu’il représente. Le cygne blanc est la femme intouchable, le cygne noir en est le miroir inversé. Et quand le rêve s’évanouit, la raison du prince ne peut y survivre. ».












































9 Ils ont dit
Qu’est-ce que tu avais sniffé pour voir tout ça ???
Petit veinard !
Coucou benoit,
j’ai juste traversé ton premier lien et je vois que tu as à en dire sur ce film ! je n’ai rien lu, n’ayant pas encore vu le film, je te lirai après et te répondrai, of course.
Amitiés, à bientôt.
aïe aïe aïe aïe ça me gratte, là…. l’omoplaaaaate !
Je n’ai pas du tout aimé Black Swann !
Sûrement parce que j’aime trop cette version là (magnifique Ana Laguna, elle aussi, elle se gratte l’omoplate !)
Mon lac préféré !
http://www.youtube.com/watch?v=rtDkNegJ8i8&feature=BF&list=UL8W6FFGYMe1g&index=17
bises Benoït, et je suis d’accord pour aller rendre visite à ton amie styliste !
En tout cas même si je n’ai pas aimé le film ton article est formidable !
Danse l’étreinte
59 photographies de Tristan Jeanne-Valès
Textes de Christian Gattinoni
Mise en page d’Alin Avila
AREA éditeur
2011
Cet ouvrage a été publié avec le concours de la Région Basse-Normandie
Danse l’étreinte
constitue l’album amoureux
de Tristan Jeanne-Valès
qui a, pendant plus de 20 ans,
capturé
les étreintes des acteurs
sur les scènes de la danse contemporaine.
Christian Gattinoni
accompagne ces œuvres
d’une analyse critique
et d’un texte poétique
Danse d’amour dans l’ombre.
Cher Benoit
Ta critique est flamboyante et quelle belle traversée du cinéma, à chaque évocation de film, j’ai retrouvé mon émotion intacte.
Pleins de baisers
Merci de cet envoi qui me permet de jouer/jouir avec vous de cette marge troublante où s’unissent le féminin, et l’animal.
L’affiche de Black Swan est d’un graphisme parfait.
Merci pour cette mise en perspective! Mais je ne trouve pas que Nina se libère de son cygne noir à la fin du film; ceci dit pourquoi pas.
Ce commentaire a été supprimé par l’auteur.
Il faut dire que tu n’y vas pas avec le dos de ton Mac non plus …. ça monte en puissance, comme le film !!
SUPER !!
t’embrasse.