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Cher Bernard-Pierre,
J’avoue que vos yeux rapprochés d’un bleu métallique m’impressionnaient beaucoup, m’effrayaient même un peu. Pourtant, les mots qui s’échappaient de vos lèvres dessinées de deux traits se voulaient bienveillants. Dès la première lecture, il vous arrivait de quitter le texte pour me lancer plein de malice : « Cette histoire devient ambigüe, mon garçon ! ».
Vous interprétiez le rôle du vilain sans lequel aucune intrigue n’est possible. Pour faire frémir l’auditeur, nous avions convenu d’adoucir votre voix au maximum. Le résultat fut stupéfiant. Votre timbre placé sur le souffle crissait avec la cruauté du grain de sable dans le creux de la dent !
Puis, selon les paroles de la chanson de Jules et Jim, le tourbillon de la vie nous a pris de force. A chaque fois que je croisais votre image sur le grand et le petit écrans, je ne pouvais m’empêcher de songer combien votre destin avait épousé celui de votre personnage dans Le retour de Martin Guerre.
A cette époque de cinéma, il ne devait pas avoir assez de place pour deux ogres blonds : vous et Gérard Depardieu, l’usurpateur de votre identité dans le film de Daniel Vigne. Depardieu et Donnadieu : deux patronymes à éclipse. Gérard le solaire programmé pour dévorer sa « part de Dieu ». Vous, plus à l’ombre et voué à offrir votre « don à Dieu ».
Aux trop rares occasions de vous applaudir sur les planches, vous ne manquiez jamais d’évoquer Hôtel des mortes saisons, expérience théâtrale beaucoup plus importante pour moi que pour vous.
Si l’au-delà a l’élégance de nous prendre en charge à la façon d’un hôtel, je vous imagine pour l’éternité dans une auberge opulente. Quant à votre morte saison, je la souhaite capiteuse comme le miel. Si douce et si caressante qu’elle parviendra à faire fondre la fière écorce de Donnadieu pour laisser s’écouler la pudeur de Bernard-Pierre.
















7 Ils ont dit
Bonjour Benoit,
oui c’était bien sympa de se revoir. Nous avons passé une très belle soirée.
Très beau ton hommage à Donnadieu, vraiment…
amitiés
Yvan
Cher Benoît,
après quinze jours d’absence, je viens de lire mes mails.
Merci pour « tes huit femmes » et surtout pour ton très bel hommage à Bernard-Pierre Donnadieu.
A bientôt
Edith
Cher Benoît,
après quinze jours d’absence, je viens de lire mes mails.
Merci pour « tes huit femmes » et surtout pour ton très bel hommage à Bernard-Pierre Donnadieu.
A bientôt
Edith
Très, très bel hommage
Sheila
Ah non je te disais combien j’étais touchée par ton hommage à Bernard Pierre et que je croyais qu’il lui aurait plu aussi et que tu écris si bien! Je vais voir si je le
retrouve…
BELANNEE à toi aussi!
Je t’embrasse fort.
Anne LOiRET
31 décembre, il est 1.02. je n’arrive pas à dormir. Mais l’hommage rendu à Benoît Pierre Donnadieu, comment dire simplement ; m’apaise.
Sa simplicité et élégante écriture, sa délicate pudeur et attention sont des témoins devenus si rares que cela vaut la peine de repartir pour une nouvelle année.
Alors mon cher Benoît, je l’espère avec la Grande Catherine.
Jacques Riquier
très beau texte
bonsoir
Cordialement,
Rodolphe