« Dis-moi ton actrice préférée, je te dirai qui tu es. »
Antigone Schilling, journaliste et collectionneuse de mode, est plusieurs fois primées par le Prix Jasmin pour ses écrits sur les parfums. Styliste, modéliste, co-fondatrice du magazine transculturel Faux Q, elle a choisi Gene Tierney.

Photo © Pierre-Gilles Delorme

Photo © Pierre-Gilles Delorme

Dans The Ghost and Mrs. Muir/L’Aventure de Madame Muir, chef-d’oeuvre de Joseph L. Mankiewicz, Gene Tierney partage son quotidien avec le fantôme d’un capitaine. Un vieux briscard d’esprit qui fond devant le teint d’opale de l’héroïne, sa bouche mutine, son regard bleu de Sèvres, ses cheveux noir corbeau. Quelques décennies plus tard, une fillette belge au nom de conte de fées, Antigone Schilling, s’invente à son tour des revenants. Amis imaginaires d’une enfance artistico-bohême qui l’accompagnent au milieu des livres et des tableaux dans une immense maison de… vingt-cinq pièces !

Gene Tierney, en 1941, épouse le célèbre couturier hollywoodien Oleg Cassini. Antigone Schilling, elle, attendra l’âge de 12 ans pour porter sa première robe neuve. Résultat : Gene et Antigone sont folles de chiffon, dingues de fringues taillées dans cette élégance qui éloigne toute tentative de séduction intempestive. À l’image de la star filmée entre fantasme et réalité dans Laura d’Otto Preminger.

Antigone confesse sa fascination pour Leave her to heaven/Péché mortel de John. M Stahl où l’actrice, démente de jalousie, va jusqu’au meurtre et au suicide dans des toilettes en Technicolor. Si Gene Tierney perd la tête dans le film comme dans la vie, Antigone Schilling, journaliste férue d’art, créé des couvre-chefs. Puissent-ils conserver intact le délire phénoménal, excentrique, jusqu’au-boutiste de cette blonde en perpétuel appétit qui entend bien oeuvrer du chapeau jusqu’à son dernier souffle !

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Cette chronique est dans Femmes & Business by L’Expansion
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